la lecture, cette lecture lente décrite par Nietzsche, est en tant que telle une « activité sérieuse », écrit Neil Postman. Elle a « mis en valeur une définition de l’intelligence qui accordait la priorité à l’utilisation objective et rationnelle de la pensée. Ce n’est pas un hasard si le siècle de la raison [XVIIe siècle] a aussi été celui du développement de la civilisation du livre ».Les non-lecteurs – ceux qui ne lisent aucun livre par an – sont en forte augmentation. Ils représentent aujourd’hui près d’un Français sur trois. Au premier trimestre de cette année, l’industrie de l’édition a accusé un recul de 6,5 % par rapport à la même période de 2025. Quant à l’emprunt régulier en bibliothèque, il a atteint son niveau le plus bas en 2025.
Aux Etats-Unis, c’est près de la moitié de la population (46 %) qui ne lit pas du tout – et parmi ceux-là, le président américain, Donald Trump, dont le biographe affirme qu’il n’a probablement pas lu un livre entier en vingt ans, et peut-être pas même le sien, qu’il n’a pas non plus écrit. Cette baisse frappe les jeunes plus encore : entre 2012 (année considérée comme une année de basculement vers un usage majoritaire du smartphone) et 2023, le Centre national des statistiques de l’éducation a constaté que le nombre d’adolescents de 13 ans lisant pour le plaisir « presque tous les jours » était passé de 27 % à 14 %.
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